ADM, une organisation désolante qui ne veut pas dialoguer avec la communauté

Après l’annonce de l’établissement par Les Pollués de Montréal-Trudeau d’un réseau de stations de mesure de bruit à l’échelle des quartiers du nord de la métropole, plusieurs m’ont parlé de la réponse d’Aéroports de Montréal (ADM) faite aux journalistes : « ces mesures ne sont pas fiables. »
Pouvait-on s’attendre à autre chose de la part d’une organisation privée qui a fait sa marque dans l’arrogance face aux citoyens et dans un immobilisme à tout crin en matière de pollution sonore ? Poser la question, c’est évidemment y répondre.
Les stations d’ADM datent de 2002. Depuis, la progression des technologies s’est traduite par une miniaturisation et une démocratisation des appareils de contrôle. Avec à la clef des coûts réduits. C’est ce qui a permis à notre fournisseur de vendre 275 de ces stations en Europe à des gens qui comme nous sont incommodés par le bruit des avions. Ces stations sont précalibrées, ce qui a un impact favorable sur les coûts. Bien sûr, les mesures prises ne sont peut-être pas à 100 % exactes mais l’écart avec la réalité est très mince et permet tout de même d’établir si oui ou non il y a problème. Par exemple, nos stations installées un peu à l’écart des corridors «officiels» soit à Villeray, un peu au nord de Jean-Talon ou à Ahuntsic, au nord d’Henri-Bourassa, sont celles qui révèlent les bruits d’avion les plus faibles. Nos stations sont des indicateurs fiables et ADM, dans sa tour d’ivoire, avec ses stratèges en communication et sa flopée d’avocats, pourra bien dire ce qu’il veut pour nous discréditer.
ADM, on le comprend, cherche à dégager des profits de ses infrastructures aéroportuaires et en même temps c’est à lui d’agir comme police des airs, donc de rapporter à Transports Canada les noms des transporteurs qui violent le couvre-feu aux fins de l’imposition d’une amende et, en même temps, de gérer les plaintes des citoyens sur le bruit. Méchant dilemme quand on y pense bien. ADM refuserait de faire de l’argent pour préserver la tranquillité des riverains – proches et lointains ? Voyons donc !

Au cours des 9 derniers mois, ADM a dégagé des profits de 22,4 millions de dollars. Il pourrait facilement se payer des stations de mesure additionnelles dans Mont-Royal, Villeray, Ahuntsic et Saint-Laurent. Notre comité de citoyens a justement invité ADM à passer à l’action et à installer des stations qu’il dit de qualité supérieure aux nôtres aux endroits où les Pollués en ont installées, questions de comparer les données en résultant. Bien sûr, ADM a refusé et a continué de camper sur ses positions : pour lui, le bruit des aéronefs est négligeable dans nos quartiers, On invente, quoi ! On va jusqu’à s’inventer des problèmes afin de pouvoir dépenser des milliers de dollars de notre poche pour documenter les niveaux de décibels produits…

On a demandé au président-directeur général d’ADM, James Cherry, de nous rencontrer. Bien voyons, pourquoi s’abaisserait-il à dialoguer avec des citoyens mécontents de sa gestion ?
Pourtant, quand on regarde la mission d’ADM sur son site web, on peut relever que cette organisation écrit noir sur blanc :

• collaborer à l’amélioration de la protection de l’environnement avec les autorités gouvernementales, la communauté ainsi qu’avec les intervenants du milieu;
• prévenir la pollution et minimiser les impacts environnementaux découlant tant de l’exploitation et du développement de ses aéroports que de ses approvisionnements;
• Aéroports de Montréal vise à devenir un gestionnaire d’aéroports se classant parmi les meilleurs au monde et se distinguant par la qualité de son service à la clientèle, ainsi que par sa rigueur, son efficience et son innovation.

ADM se démarque plutôt par son mépris des citoyens, par sa gestion opaque et par une gestion préhistorique du climat sonore. En Europe, des organismes indépendants sont chargés de gérer le climat sonore des aéroports, d’imposer des amendes aux transporteurs dont la flotte est bruyante ou qui se posent ou décollent à des heures indues. C’est vrai qu’ici, Transports Canada n’est vraiment pas un ministère qui prend ses responsabilités. Il préfère déléguer à l’industrie la charge de se réguler elle-même. L’affaire, c’est qu’il donne cette immense liberté à des sociétés privées, qui sont l’affaire de quelques individus, comme ADM ou NAV Canada, lesquelles copinent avec les transporteurs et sont alléchées par l’appât du gain et l’établissement de leurs petits royaumes. Et nous, nous sommes leurs sujets qui n’avons rien à dire ?

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