Historique

Qu’est-ce qui a conduit à cette conjoncture où nous devons subir cette pollution infernale et incessante au-dessus de nos têtes ? Voici quelques données historiques :

  • 1941  –  Inauguration de l’aéroport de Dorval à des fins civiles et militaires.
  • 1946  –  Fin des activités militaires à Dorval. Dorval est désigné comme point d’entrée des vols internationaux.
  • 1954 à 1962  –  Expropriation de terrains additionnels pour l’expansion de Dorval.
  • 1960  –  Inauguration de l’aérogare de Dorval.
  • 1961 à 1970  –  Développement des pistes et de diverses installations supplémentaires à Dorval.
  • 1967  –  Le gouvernement canadien examine la possibilité de mener des travaux d’expansion à l’aéroport de Dorval en raison d’une prévision d’affluence marquée du trafic aérien Montréal.
  • 1968  –  Le Québec adopte le Bill 296 intitulé « Loi favorisant l’aménagement du site et des environs d’un nouvel aéroport international au Québec.» Cette loi comporte des prescriptions pour que le développement économique et l’aménagement des environs se fassent de façon harmonieuse. C’est pourquoi les pouvoirs publics canadiens ont pris la décision audacieuse d’acquérir le terrain qui serait exposé au bruit des avions.
  • 1969  –  Ottawa, devant les difficultés logistiques et environnementales qu’elle rencontre à Dorval, abandonne l’idée d’y développer davantage l’aéroport. Il annonce subséquemment l’expropriation de 88 000 acres de terres à Sainte-Scholastique pour les besoins d’un nouvel aéroport dans la grande région métropolitaine de Montréal.
  • 1970  –  Début de l’aménagement de l’aéroport de Mirabel.
  • 1975  –  Inauguration, le 4 octobre et mise en exploitation le 26 octobre du nouvel aéroport, à Mirabel, qui a finalement nécessité l’expropriation de 97 000 acres et le déplacement de 3 200 propriétés. Son coût 1,4 milliard de dollars.
  • Graduellement, 21 lignes aériennes en provenance de Dorval y déplacent leurs activités.
  • 1975 à 1985  –  Crise de l’énergie, récession, déplacement des activités économiques vers le centre et l’ouest du pays et perte pour Montréal de son exclusivité canadienne d’unique porte d’entrée des vols en provenance des pays de l’Europe de l’Ouest.
  • 1982  –  Transports Canada décide de ne pas transférer le trafic transfrontalier et intérieur long-courrier de Dorval à Mirabel. Le ministre des Transports du Canada rend public un plan de développement des aéroports de Montréal qui prévoit :
    • Dorval : concentration des vols intérieurs et transfrontaliers
    • Mirabel : concentration des vols internationaux et du fret aérien
    • St-Hubert : aviation générale.
  • Un comité est chargé de trouver des moyens incitatifs afin d’accroître l’activité à Mirabel.
  • 1984  –  Mise sur pied d’un comité consultatif sur l’avenir des aéroports de Montréal : le comité se prononce pour qu’un seul aéroport desserve la région métropolitaine, mais n’indique pas son choix.
  • 1986  –  Le gouvernement fédéral maintient les deux aéroports et leur détermine des vocations spécifiques : vols internationaux avions tout-cargo pour Mirabel et vols intérieurs et transfrontaliers pour Dorval.
  • Rétrocession de 80 000 acres expropriées aux anciens propriétaires terriens.
  • 1987  –  Nouvelle politique canadienne de gestion des aéroports du pays préconisant la gestion locale des infrastructures aéroportuaires. Transports Canada se dit prêt à recevoir des propositions relativement à la cession à des tiers de la propriété et/ou l’exploitation des deux aéroports.
  • Création du Conseil de l’aéroport international de Montréal.
  • 1989  –  Le Conseil de l’aéroport international de Montréal devient la Société de promotion des aéroports de Montréal (SOPRAM) et donne naissance à Aéroports de Montréal (ADM), une société sans but lucratif qu’elle mandate de négocier avec le gouvernement canadien l’obtention de la gestion des aéroports de Montréal. En novembre, ADM est constituée en vertu de la partie II de la loi sur les Corporations canadiennes (SRC 1970 chapitre C-32).
  • 1991  –  ADM et Transports Canada signent une lettre d’entente sur la formule de location par bail à long terme concernant la cession de ses installations à Dorval et Mirabel.
  • 1992  –  Par le décret C.P.1992-19/501, le gouvernement du Canada, représenté par le ministère des Transports, cède à ADM la gestion, l’exploitation et le développement des infrastructures Dorval et Mirabel. En juillet, conclusion d’un bail à long terme (60 ans et renouvelable pour une période de 20 ans) entre le gouvernement du Canada et ADM.
  • 1996  –  Décision d’ADM, en février, de permettre les vols internationaux réguliers à Dorval et de concentrer les vols nolisés et le tout-cargo à Mirabel.
  • 1997  –  Déplacement à Dorval des 13 sociétés exploitant des vols internationaux réguliers.
  • 2000  –  ADM obtient la certification ISO 14001 pour son système de gestion environnemental (sic)
  • ADM entreprend un vaste programme d’agrandissement de Dorval comprenant, entre autres, une nouvelle jetée transfrontalière, une nouvelle jetée internationale ainsi qu’un nouveau complexe des arrivées internationales. Elle investira 1,5 milliard $ en une décennie.
  • 2002  –  Annonce de la consolidation de tous les vols passagers à Dorval.
  • 2004  –  Consolidation des vols passagers à Dorval ne laissant à Mirabel que les vols tout-cargo, les vols d’essai des appareils fabriqués ou réparés sur le site ainsi que l’aviation générale.
  • L’Aéroport de Dorval est renommé Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, conformément à une décision du gouvernement du Canada.
  • 2010  –  ADM réalise un inventaire des meilleures pratiques en matière de gestion du climat sonore. Dans cette foulée, elle dit avoir sensibilisé les transporteurs aériens et les opérateurs de l’aviation générale à l’importance de réduire le nombre de vols de nuit, particulièrement entre 1 h et 6 h… Elle dit avoir revu la procédure d’octroi des exemptions pour en resserrer les critères et avance que cela s’est soldé par une diminution du nombre d’exemptions pour la saison estivale !!!
  • 2012  – NAV Canada apporte en février des ajustements aux routes et aux niveaux d’altitude des aéronefs qui survolent la région entre Toronto, Ottawa et Montréal. Ces modifications, auxquelles consent ADM pour Montréal-Trudeau, sont la cause de la détérioration du climat sonore aérien à Montréal, les appareils volant à plus basse altitude et cela sur un plus grand territoire de l’île de Montréal. Ces changements ne sont pas communiqués formellement à la population et aux élus du territoire.
  • 2013  –  Prolongation supplémentaire de 20 ans du bail entre ADM et Transports Canada, portant ainsi sa durée jusqu’en 2072.
  • À son assemblée générale annuelle (mai), ADM nie que des changements aient été apportés au cours des derniers mois/dernières années aux conditions de vols des avions survolant Montréal en vue d’un atterrissage ou venant de décoller de ses pistes. ADM affirme même que le climat sonore s’est amélioré de 56 % depuis 1995 et que le nombre de personnes résidant sous l’empreinte sonore (méthode NEF pour Noise Exposure Forecast) a diminué de 91 % depuis cette date passant de 39 421 à 3 626 personnes ! Devant les critiques sur les vols nocturnes, elle indique que la situation sera réglée dès le 3 mai 2013 avec le transfert des bruyants Convair de Nolinor de Montréal-Trudeau à Mirabel…
  • Naissance des Pollués de Montréal-Trudeau dont la première action est de recueillir des signatures afin de déposer une pétition à la Chambre des communes réclamant des mesures pour atténuer toutes les formes de pollution engendrée par le passage des aéronefs à très basse altitude, principalement l’imposition d’un véritable couvre-feu de 23 h à 7 h. La ministre des Transports Lisa Raitt s’en lave les mains et dirige les Pollués vers…ADM.
  • 2014 – Les Pollués de Montréal-Trudeau amorcent une campagne de financement afin d’implanter des stations de mesure de bruit sur les territoires des arrondissements montréalais d’Ahuntsic-Cartierville, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Saint-Laurent et sur celui de la municipalité de Mont-Royal, des zones où, sauf une exception, ADM ne mesure pas le bruit…
  • 2015 – Une rare rencontre publique survient en juin entre ADM et la population à Ahuntsic. ADM indique qu’elle n’entend pas se pencher sur des solutions afin d’atténuer l’assourdissant bruit provoqué par le passage des aéronefs au-dessus des quartiers montréalais et de Mont-Royal, ni d’examiner le resserrement de ses critères d’exemption des vols de nuit.
  • NAV Canada publie en juin une nouvelle politique de communication et de consultation qui, si elle avait été en vigueur en 2012, aurait permis à la population et aux élus de rejeter les ajustements apportés par NAV Canada.